Sur (et autour de) la ligne

Il est un concept fondamental lorsqu’un homme veut vivre de son art, celui de la ligne. Dans l’hétérogénéité des sens que l’on peut attribuer à ce concept, il est intéressant de se questionner sur la nécessité de suivre une ligne artistique. Et dans ce concept se trouve aussi la richesse de l’artiste. En effet, il est primordial de s’inscrire dans un ligne artistique, de définir le concept que l’on désire suivre, afin de présenter une oeuvre (ou une tauromachie) cohérente. Face aux formations proposées par les écoles taurines, qui ont tendance à formater leurs élèves, le torero se doit de se connaître et de connaître quelle est la tauromachie qu’il désire produire en piste, sur le plan éthique comme sur le plan esthétique.

Pourquoi les écoles taurines ont tendance à formater les apprentis-toreros ? Pour les raisons suivantes : Tout d’abord, ce qui constitue une originalité, propre au jeune torero, relève à l’origine d’un défaut, c’est-à-dire une caractéristique située hors-norme. Défaut de norme, elle s’érige en défaut à effacer lorsque le professeur, ne connaissant personnellement ses élèves si ce n’est au cours de la relation entraîneur-entraîné, souhaite lui apprendre à toréer sans risquer de recevoir un coup de corne. Car tel est ce que l’on apprend, en premier lieu, aux apprentis-toreros. Si le torero ne parvient pas à prendre un recul suffisant sur son évolution artistique, il se laisse submerger par la norme, par la norme enseignée par le professeur.

Il est donc indispensable de définir très rapidement sa propre ligne artistique, au niveau éthique et au niveau esthétique. Cette ligne artistique correspond, matériellement, à un entrelacs de lignes et de courbes qui se greffe à l’ensemble du maillage constituant le taureau et son mouvement. La fusion des deux systèmes d’organisation, ou leur fission partielle et vaine, offre ce que l’on perçoit dans les arènes.

Le novillero Sergio Flores fait partie de ceux qui, sortis des écoles taurines, sont parvenus à préserver leur personnalité, c’est-à-dire à conserver la ligne artistique qu’ils s’étaient fixée. Dans les arènes de Vauvert, face à un excellent exemplaire de Palha, il toréa avec un limpidité et une élégance rares comme le démontrent les images. Prochainement, nous évoquerons le cas d’un autre novillero, né à San Fernando, dans la province de Cadiz : David Galvan.

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