Le bruissement du silence


Porté par le vent, le toreo est un chant. Posé sur les nuages blancs qui obstruent l’horizon, il est cette mélodie épurée, brodée tendrement d’un fil de soie avec une délicatesse maternelle. Le silence règne tel un fantôme au visage d’argent sur les prairies récemment ensemencées des Monteilles.

                              Gaëtan avance lentement sa muleta chahutée par le vent. D’un toque soyeux, il invite la petite vache à se blottir dans la vague qui s’est dessinée, éphémère, sur la toile rouge. Comme le peintre voit son pinceau épouser la forme d’une vague lorsqu’il applique l’outil sur le support, le toque a une importance fondamentale en tauromachie. Plus il sera précis, plus il sera en adéquation avec la combattivité de la vache, meilleure sera la réponse de celle-ci. Et, dans cet exercice, Cayetano Ortiz excelle. Avec douceur et lenteur, la vache d’une extraordinaire noblesse se fond dans la toile, comme la peinture occupe les pores secs de la toile.

                              L’aventure mexicaine que Gaëtan a vécu durant quatre mois, en silence, lui a permis d’acquérir une qualité dans sa tauromachie, autant dans sa composition que dans son interprétation, qui, à n’en pas douter, fleurira le printemps venu.

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