La richesse de la dynastie Chorlito

Photographie Estela Sanchez

El Castañar, construit par Jose Finat.
Photographie Estela Sanchez

                    On évoque fréquemment le nom de dynasties de toreros. Tantôt les Silveti, tantôt les Bienvenida… Rarement, ou de manière plus latente, les familles importantes de taureaux (reatas) sont révélées par les éleveurs. Or, elles sont la source d’une richesse unique. Parmi elles, la famille des Chorlitos, que l’on retrouve chez le Conde de Mayalde, semble s’être emparée des épopées seigneuriales singulières qui se sont déroulées sur les terres du Castañar et que nous évoquerons la semaine prochaine dans la deuxième partie de ce reportage. Là même où celui qui fut maire de Madrid jusqu’en 1965 dressa son château, Jose Finat, Conde de Mayalde, de Finat et de Villaflor, Marqués de Terranova, Maestrante de Ronda, naissent aujourd’hui les progénitures des Chorlitas.

                   Dimanche 12 septembre 2011. Arènes d’Arles. Le soleil vient de disparaitre derrière la grande tour-ouest des arènes. Le froid commence à parcourir la surface de l’édifice. Déboule à toute allure, tête baissée, le taureau du Conde de Mayalde, Chorlito-2. Bas, fin et puissant, sérieusement mais bien armé, l’exemplaire porteur de la devise marron et rouge vient représenter l’élevage de Toledo lors de la corrida concours traditionnelle. Il rencontre un autre tolédan, David Mora, tout juste auréolé de son récent triomphe madrilène.

                   

                   Dans les corrales de Gimeaux, Chorlito-2 présentait un aspect à la fois sérieux et doux. Tête constamment baissée, regard luisant mais suave, il laissait présager d’excellentes choses. Une fois en piste, il s’exprima avec une bravoure vive et allègre. Il déploya son coup avec générosité et classe dans la cape de David Mora. Sous le cheval, il trompa une partie du public. Chargeant avec la conviction d’un projectile sur le peto du cheval, à contra-querencia, à quatre reprises, il mit les reins avant de sortir seul. Certains aficionados interprétèrent cela, à tort, comme étant un manque de bravoure. Il démontra lors de la faena, qu’il était une source inépuisable d’une bravoure torrentielle.

Chorlita-651, mère de Chorlito-2 lidié à Arles

                   Chorlito-2 est né sur les terres du Castañar. Au pied des monts de Tolède, Mazarambroz, un petit village anciennement traversé par une voie romaine qui conduisait jusqu’à la capitale de la région. Fils de Chorlita-651, qui possède un pourcentage minoritaire de sang Contreras, et d’Escultor-5, fils du semental Taponero-118 d’El Ventorillo (pur Juan Pedro Domecq), Chorlito-2  offrit au Conde de Mayalde la possibilité de lidier dans les arènes d’Arles lors de la prochaine féria de Pâques.

                   Si aujourd’hui Escultor-5, qui fut un grand semental, est mort, un autre Chorlito-44 couvre les vaches. Il est le père d’une partie des prochaines camadas de la ganaderia de Tolède. Espérons qu’il transmette à ses progénitures la bravoure qui caractérise sa dynastie.

ESCULTOR-5
Père de Chorlito-2 lidié à Arles

Escultor-5 et une femelle du Conde de Mayalde

Chorlito-44, Semental du Conde de Mayalde

Samedi 7 avril 2012, un des cousins du taureau lidié en septembre par David Mora sera lidié dans ces mêmes arènes d’Arles. Nous découvrirons l’ensemble de la corrida qui sera combattue dans l’amphithéâtre arlésien la semaine prochaine.

Chorlito-55 qui sera lidié à Arles en Avril

Chorlito-55

Chorlito-55 et ses frères de camada