Entre trapío et morphologie

Qu’est-ce qui fait le sérieux d’un taureau ? Son trapío ou bien sa morphologie ? Certainement, ni l’un ni l’autre, mais bien un consensus entre les deux. En effet, si le taureau n’a que du trapío et qu’il ne correspond pas au type morphologique de l’encaste duquel il provient, il est peu probable que celui-ci donne un bon jeu en piste. Si la morphologie du taureau est harmonieuse, mais que son trapío n’est pas suffisant, l’affrontement manquera de sérieux. Ce sujet, suffisamment traité et commenté n’est pas exactement l’enjeu de cet article. Il s’agit plutôt de mettre en pratique cela sur deux exemples concrets.

Taureau Ibarreño de Felipe Bartolomé

Taureaux typés Buendia de Felipe Bartolomé

Si l’on prend l’exemple des deux taureaux suivants, tous deux porteurs du fer de Felipe Bartolomé, cela semble évident. Le premier est excessivement haut et fort, son coffre est proéminant et son regard relativement vif. Dans l’élevage andalou on trouvera des taureaux à la morphologie clairement Ibareña comme nous pouvons le voir avec ce premier exemple, et d’autres plus à la morphologie trahissant leur origine Buendía. Plus petit, plus rond et plus bas, le Buendía marque profondément la différence avec son cousin Ibareño, au pelage souvent noir et à la corpulence plus importante. Si le trapio et la morphologie sont deux éléments essentiels à prendre en compte lorsque l’on observe un taureau, le caractère et l’expression qu’il dégage sont tout aussi importants. De fait, il se peut que, sous une morphologie peu harmonieuse, se cache un fond de bravoure inépuisable, remettant ainsi en question toute cette approche. On pourra évoquer le taureau Acelerado, d’Antonio Bañuelos, lidié à Zaragoza par Antonio Ferera en 2009

Si l’on revient aux taureaux de Felipe Bartolomé, le premier a été écarté par la ganadera, trop hors du type. On remarquera que la pointe de ses cornes est épointée, afin qu’il ne blesse pas ses congénères. Dans un autre enclos, les taureaux qui seront lidiés cette temporada sont choyés. Nous découvrirons la semaine prochaine cette magnifique camada, certainement la plus harmonieuse que j’ai eu l’occasion de voir ces derniers mois. Nous aurons l’occasion de découvrir cette camada dans les prochaines semaines.

Il est intéressant, tout de même, d’observer les divers types morphologiques de différents taureaux d’un même encaste. Cette diversité démontre à quel point il peut exister une véritable richesse au sein d’un même encaste.

Taureau de Joaquin Buendia, maison mère des élevages ici présentés. Finca la Amarguilla, Moron de la Frontera

Taureau de Joaquin Buendia

Ana Romero, pour la Temporada 2012

Taureau d'Ana Romero, lidié à Zaragoza

Taureau d'Ana Romero