Le paradoxe de la grandeur (II-Samuel Flores)


Garzachico lidié à Madrid et le 27, exhibé à Vilavella

                   Sur les flancs d’ocres ds monts d’Alcarraz, verdis par le printemps naissant, résonne silencieusement le chant du seigneur. Devant moi, droit et immobile comme une statue, il tient fièrement deux longues cornes blanches, fines et effilées, dirigées vers le ciel comme un roi tendrait une épée vers le ciel. Le regard profondément sérieux de Garzachico attire mon regard, il fige mon attention sur ces deux perles brillantes. Le soleil s’élève peu à peu, et les yeux s’attendrissent lentement.

                Garzachico est imposant. Il est l’emblème du taureau de Samuel, de celui que Madrid applaudit lorsqu’il entre en piste, et qu’il siffle à sa sortie. Si les Samuel Flores, de par leur origine Gamero Cívico, ont toujours eu une présence incroyablement imposante, les mentalités ont influencé les choix de l’éleveur d’Albacete, comme ce fut le cas dans la grande majorité des ganaderias. Augmenter le trapío du taureau était devenu une nécessité afin de pouvoir lidier dans les arènes de première importance.

A ses côté, un splendide taureau noir, plus rond et plus bas, plus harmonieux et aux contours plus doux. Il porte le numéro 27. S’il était d’une morphologie agréable, il ne fut lidié dans une arène. Ne trouvant preneur, un jour d’Août, il fut embarqué en direction de VilaVella. Dans les rues de la ville, il défia les jeunes hommes qui tentèrent de l’approcher. Personne ne saura ce qu’il aurait pu réaliser en piste, puisque c’est son frère de camada Garzachico qui fut choisi par les veedores. Le 29 mai 2011, il fut toréé par César Jiménez dans les arènes de Madrid. L’immense colorado, dénué de race, fut sifflé à l’arrastre, exprimant ainsi le paradoxe de la grandeur…

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A la reconquête du prestige perdu (III)

                A la reconquête du prestige perdu

Semental Garza-14

Après avoir dû abattre de nombreuses vaches dans les années 2000 à cause de la tuberculose, qui s’était rapidement propagée à travers la cohabitation du taureau avec les cerfs qui peuplent la propriété, Samuel Flores tente de remettre l’imposant bateau à flot. Avec patience, il sélectionne un taureau qui se rapproche du taureau élevé au début du siècle dernier par Ybarra.

                Sous le ciel gris du mois de février, les sementales contrastés (confirmés) et jeunes mâles que l’on tientera prochainement se reposent. Pendant que d’autres couvrent dores et déjà les différents lots de vaches préparés par Samuel Flores, ceux-ci attendent leur tour. La diversité morphologique laisse sous-entendre le propos de l’éleveur : Tout en respectant les caractéristiques zootechniques du taureau Ybarreño, Samuel Flores prétend élever un taureau bas, sérieux et harmonieux. L’harmonie ne peut acquérir aucune autonomie puisqu’elle conjugue le désir d’un éleveur à l’héritage génétique et morphologique de l’élevage dont il est le propriétaire.

                L’impressionnante présence du semental 14 G-4 marque le type du taureau élevé sur les terres du Palomar. Imposant, long et sérieusement armé, il dénote son origine Ybarreña. Nombreux sont les exemplaires noirs et chorreados chez Samuel Flores. Quelques colorados viennent colorer l’ensemble. Ils sont généralement badanudos, c’est-à-dire qu’ils possèdent un fanon extrêmement proéminant.

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                L’heureuse descendance

Azucena-36                Le choix des sementales, nous le savons, a une incidence indéniable sur l’évolution du comportement et de la morphologie des animaux élevés. Dans la reconquête du prestige de la ganadería entreprise par Samuel Flores et par ses fils, plusieurs sementales ont participé à la reconstruction des bases fondamentales sur lesquelles repose l’équilibre actuel de l’élevage. Parmi eux, Desconocido-16, qui marqua un tournant décisif dans l’histoire de l’élevage d’Albacete. En effet, il fut le père du taureau Azucena-36 (G.98), le semental emblématique à partir duquel la ganaderia commença se reconstruire. Il est le père de la grande majorité des sementales aujourd’hui utilisés sur les terres du Palomar.

Desconocido nº 16-Semental (Archive 6Toros6)

Azucena nº 36 (Source : Alberto Alvarez)